Droit de l'énergie

Complément de rémunération – Bilan des 10 années – Recommandations pour l’avenir

Le 8 juillet 2025, la commission de régulation de l’énergie (ci-après la « CRE« ) a publié un rapport intitulé « Bilan de la CRE sur la mise en place du complément de rémunération en France et recommandations pour l’avenir« .

Dans ce rapport, la CRE constate notamment que :

  • à fin 2024, environ 25% de la production soutenue (66,7 TWh au total) bénéficient du dispositif du complément de rémunération ;
  • le complément de rémunération est aujourd’hui la voie privilégiée pour soutenir le développement de nouvelles installations de production d’électricité renouvelable (70% des contrats engagés sur la période 2023-2024). En conséquence, la CRE estime que les installations soutenues par le biais de contrats de complément de rémunération devraient devenir majoritaires à compter de 2032 ;
  • la grande majorité des producteurs ne disposent pas des compétences en interne pour agir directement sur les marchés et font donc appel à des agrégateurs pour commercialiser l’énergie.

La CRE formule neuf (9) recommandations pour faire évoluer le dispositif du complément de rémunération à l’avenir, afin d’optimiser le profil de production des installations et leur bonne intégration au système électrique français, tout en limitant l’impact sur le budget de l’État :

  1. une première série de recommandations relatives au bon calibrage du prix de marché de référence (M0) afin qu’il soit le plus efficient possible :
    • introduction d’une prime de performance annuelle ;
    • introduction d’une pondération pour certaines filières ;
    • mise en place d’une stratégie de couverture par l’État des volumes soutenus, tout en conservant le prix de référence marché (M0) calculé intégralement comme une moyenne de prix spot ;
  2. une seconde série de recommandations visant à dimensionner correctement la prime pour prix négatifs afin d’encourager efficacement la baisse de la production lors des périodes de prix négatifs. Afin de prévenir toute compensation excessive de l’État, la CRE recommande :
    • l’amélioration de son calibrage à court terme (mise en place d’une franchise harmonisée, compensation des installations sur la base d’une estimation plus dynamique de la perte de production) ;
    • la mise en oeuvre d’une ou plusieurs expérimentations pour être en mesure à moyen terme d’alimenter la réflexion sur une évolution potentiellement plus conséquente de cette prime (ex : augmentation de la franchise d’heures à prix négatifs non compensées) ;
  3. une troisième série de recommandations plus techniques, aux impacts moins dimensionnants, mais qui concourent à l’efficacité du dispositif.
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