Fiscalité de l’urbanisme

Taxe d’aménagement – Permis de construire emportant la création d’une aire de stationnement sans travaux – Intégration dans le calcul de l’assiette (oui)

Par un arrêt du 18 février 2025, le Conseil d’État a jugé que les aires de stationnement extérieures, non comprises dans la surface de construction, sont soumises à la taxe d’aménagement selon une valeur forfaitaire, même en l’absence de tout aménagement spécifique.

En l’espèce, une société avait obtenu un permis tacite portant sur l’extension d’un bâtiment agricole en vue d’y aménager une salle de réunion d’une capacité de 200 personnes, sur la transformation d’un logement existant en deux chambres d’hôtes, ainsi que sur la création d’une aire de stationnement de 61 places, dont 58 devaient demeurer à l’état naturel, en « terre battue ». La société a ensuite déposé une demande de permis de construire visant à supprimer ces places de stationnement, laquelle a été refusée par arrêté.

À la suite de l’émission de deux titres de perception par la direction départementale des finances publiques (DDFIP), la société a saisi le tribunal administratif de Marseille afin d’en contester la légalité. Elle considérait notamment que les places de stationnement réalisées sans travaux ne pouvaient être intégrées dans l’assiette de la taxe d’aménagement, dès lors qu’elles ne constituaient pas des « installations ou aménagements » au sens des anciens articles L. 331-10 et L. 331-13 du code de l’urbanisme, lesquels déterminaient la valeur forfaitaire applicable de ces derniers.

Toutefois, la Haute juridiction rejette les conclusions du pourvoi et confirme le raisonnement du tribunal administratif de Marseille jugeant que l’absence de travaux pour la réalisation de ces places de stationnement ne faisait pas obstacle à « l’inclusion de la valeur forfaitaire de ces places dans l’assiette de la taxe ».

Conseil d’Etat, 18 février 2026, Société Font de Luc, n° 498149, Tab. Leb.

Réseaux sociaux